Un mur de quatre mètres pour empêcher le passage de réfugiés

L’autorité portuaire de Bilbao est en train de construire un mur de quatre mètres dans les environs du terminal du ferry de Portsmouth pour éviter que des migrants et réfugiés y accèdent comme clandestins. Elkarrekin Podemos a comparé cette barrière avec les clôtures qui existent à Melilla ou Ceuta. 

Mediabask|11/10/2017 12:00|0 commentaires
Puertobilbao
Un nouveau mur de quatre mètres de haut viendra s'ajouter aux infrastructures portuaires selon les autorités. (Luis JAUREGIALTZO / ARGAZKI PRESS)

L’autorité portuaire de Bilbao est en train de construire un mur de quatre mètres de hauteur pour éviter que les migrants et autres réfugiés accèdent au ferry qui relie la capitale basque à Portsmouth, ville située sur la côte sud de la Grande-Bretagne. 

Selon les informations données par plusieurs agences d’Etat vendredi dernier, l’autorité portuaire a décidé de mettre en place une barrière physique autour du terminal du ferry car les mesures d’accès en vigueur "ne sont pas suffisamment efficaces". L’autorité portuaire dit le faire "parce que la loi l’oblige, qu’elle héberge des infrastructures critiques et que parmi les compétences de l’Autorité, il y a celle de veiller à la sécurité des clients et des usagers des installations dans l’enceinte portuaire".

De même, elle avertit : ces mesures auraient été mises en oeuvre "à n’importe quel autre endroit du port si cela avait été nécessaire, indépendamment des personnes qui essayeraient d’accéder et quelque soit leur nationalité car, en n’agissant pas efficacement, il pourrait y avoir une fragilisation des obligations voulues par la loi, avec les conséquences négatives que cela pourrait supposer".

Dans ce sens, il faut rappeler que le Code International pour la protection des navires et des installations portuaires, nommé code ISPS, oblige à justifier "l’entrée et la présence de personnes et de véhicules dans le port de Bilbao [...] par la réalisation d’une tâche, d’un service ou de transport en lien avec l’activité portuaire".

La construction du mur a suscité la colère de Podemos Euskadi. Qui l’a dénoncé la semaine dernière : "Au lieu de prioriser les droits des personnes, ils ne regardent que les intérêts économiques." "Il est urgent de regarder et de placer la question sur les droits de l’Homme" a ajouté la formation. Elle a sollicité l’audition de la directrice des Droits de l’Homme du gouvernement de Lakua, Monika Hernando, et a également été demandé que la conseillère du développement économique et de la compétitivité, Arantza Tapia, comparaisse devant le Parlement de Gasteiz. 

La parlementaire de Elkarrekin Podemos, Tinixara Guanche, a souligné : "La création de murs comme celui-ci nous amène à un parallèle avec d’autres espaces de transit, comme par exemple ceux de Melilla." Elle a affirmé que ces barrières "ne sont pas des solutions, mais des pansements qui contribuent à affaiblir les droits des personnes". Ella a ajouté : "C’est une démonstration de plus que les politiques aux frontières de l’Europe forteresse [...] criminalisent des personnes dont l’unique objectif est de trouver un lieu dans lequel ils peuvent s’établir et développer un projet de vie digne."

Les réfugiés non, les armes oui

Beaucoup de personnes qui essayent d’accéder aux ferrys comme clandestins sont des réfugiés qui se trouvent dans les zones de Santurtzi et Zierbena. T. Guanche a rappelé qu’au mois d’avril dernier, le lehendakari Iñigo Urkullu s’était engagé à proposer et à adopter une feuille de route d’accueil et d’assistance aux personnes réfugiées arrivées en Europe pour fuir la guerre et les contextes de violence.

Cependant, les institutions n’ont actuellement pas pris de mesures effectives pour assister ces personnes. "Ce que nous voyons, ce sont des murs qui se lèvent, du laxisme et de l’indifférence face à l’envoi d’armes à des pays comme l’Arabie Saoudite depuis le port de Bilbao" a-t-elle indiqué. 

Iñigo Martinez, parlementaire de Elkarrekin Podemos, va déposer une proposition pour demander que s’appliquent des limitations et des interdictions du commerce d’armes avec des pays qui "fragilisent le droit international". "Nous ne pouvons pas nous permettre d’être une porte de sortie pour les armes qui ensuite servent à violer les droits de l’Homme dans des guerres comme celle du Yémen" a-t-il signalé. Avant de rappeler que "312 conteneurs marqués "explosifs" sont sortis du port de Bilbao à destination de l’Arabie Saoudite". Et de souligner : "Ils pourraient ajouter à ce chiffre 8 656 tonnes d’armement."

Traduction depuis Gara