Plus de 2 000 personnes défilent pour la fonction publique

Le rendez-vous était donné à 10 h 30 devant la gare de Bayonne ce matin. Le cortège qui réunissait plus de 2 000 fonctionnaires de tous les secteurs s’est ébranlé vers 11 heures pour rejoindre le centre-ville. 

Chloé REBILLARD|10/10/2017 16:30|0 commentaires
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Le nouveau collectif "Associons-nous BAB", s'est joint au cortège pour protester contre les attaques au secteur associatif et au secteur social. © Isabelle Miquelestorena

Fonction Publique territoriale, fonctionnaires du secteur santé, de l’éducation ou des finances publiques, ils étaient plus de 2 000 à avoir répondu à l’appel à manifester lancé par l’ensemble des syndicats de la fonction publique. Les griefs des fonctionnaires sont nombreux. Ils protestent contre l’annonce de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d’ici à la fin du quinquennat, contre la suppression des contrats aidés également. Pour la FSU : "Les contrats aidés viennent combler des besoins permanents, plutôt que de supprimer ces contrats, il faudrait créer des postes statutaires." 

Autre sujet d’inquiétude, le gel du point d’indice qui vient abaisser un peu plus les salaires des fonctionnaires. Selon la FSU, qui a fait ces calculs, les fonctionnaires ont perdu 10% de pouvoir d’achat en sept ans, et la situation continue à se dégrader. A tel point que la fonction publique a désormais du mal à recruter car elle perd en attractivité. Outre le recul de leurs conditions de travail, les fonctionnaires défilaient également pour réclamer le développement de services publics forts sur l’ensemble du territoire. 

La santé, l'un des premiers malades du service public

Le secteur de la santé est particulièrement touché par des conditions de travail dégradés. Le documentaire diffusé sur Arte "Dans le ventre de l’hôpital" a récemment mis en lumière le mal-être des soignants. Le personnel du Centre hospitalier de la côte basque (CHCB) était présent dans la manifestation. Pour Catherine Chantecaille, aide-soignante au CHCB, la situation n’est plus tenable : "La fonction publique se dégrade d’années en années ; il est très révélateur que les cadres sont désormais concernés par le burn out. C’est à tous les niveaux que les personnes souffrent. La direction est occupée par des gestionnaires qui n’ont pas de notion de ce qu’est le soin. Cela se répercute tant sur le personnel que sur les patients." 

La manifestation a réussi à regrouper au-delà des cercles habituels de syndicats et de partis politiques. Si tous ont bien répondu présent, la CGT, Sud et LAB défilaient pour la première fois depuis la rentrée aux côtés de la CFDT, de FO, de l’UNSA et de la FSU, des petits nouveaux se sont glissés dans le cortège. Sous une banderole "Associons-nous BAB", un petit groupe de jeunes majoritairement venus du secteur associatif, donne de la voix et du saxophone. Venus protester principalement contre la suppression des contrats aidés par le gouvernement, le collectif qu’ils représentent n’a que quelques semaines d’existence, il a été créé au lendemain de la manifestation du 12 septembre. 

Sabrina Ravetta, membre du collectif "Associons-nous BAB" explique : "Nous demandons une reconnaissance morale du travail que nous effectuons. En tant que travailleurs de terrain, nous savons que nous sommes un maillon essentiel au maintien de la paix sociale. En supprimant les contrats aidés qui nous permettaient de faire notre travail, on met en danger cette paix sociale." Ce jeune collectif se veut incarner l’intelligence collective : "toutes les personnes ou les organisations qui se sentent concernées par ce combat sont les bienvenues. Actuellement, beaucoup de personnels des Maisons de Vie Citoyenne (MVC) nous ont déjà rejoints. Notre but est de mettre en place des actions concrètes et non-violentes pour faire pression sur les politiques."