Prière de circuler

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques ne voit pas de raison pour interdire la prière de rue anti-IVG organisée à Bayonne le 7 octobre. Elle n’a pas été déclarée mais le diocèse en fait encore la publicité sur son site.

Goizeder TABERNA|04/10/2017 08:15|0 commentaires
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Manifestation anti-IVG à Bayonne.

Plusieurs collectifs et associations ont exprimé leur inquiétude au sujet de la prière de rue qui se tiendra le 7 octobre, à Bayonne. Le "Rosaire pour la vie" est organisé par un mouvement opposé à l’IVG, à la contraception et au mariage des personnes de même sexe et "s’est illustré à plusieurs reprises par des actions violentes", dénoncent-ils. Dès lors, ils ont demandé à la préfecture de l’interdire, ce à quoi ce dernier répond qu’aucune déclaration de manifestation de la part du diocèse de Bayonne n’a été faite.

Les manifestations sur la voie publique doivent être déclarées en préfecture et ne nécessitent pas d’autorisation, explique le cabinet du préfet. Il rappelle la loi : "L’autorité administrative peut s’opposer à la tenue d’une manifestation si elle estime que celle-ci constitue une menace pour l’ordre public et qu’il ne sera pas en mesure d’en assurer la sécurité."

Le rendez-vous est toujours affiché sur le site du diocèse mais Marie Pérès, membre du Planning familial, pense que "les organisateurs ne vont certainement pas faire de déclaration préalable car la dernière fois, ils n’ont pas rassemblé plus de dix personnes. Dans ce cas, ce n’est pas obligatoire". Les détracteurs de la prière considèrent qu’elle aurait pu se faire dans un lieu de culte et demandent : "Ne s'agit-il pas d’une provocation constitutive de troubles à l’ordre public menaçant la paix sociale ?"

Délit d'entrave à l'IVG

Ils se réfèrent, par ailleurs, à un autre texte, voté le 20 mars 2017, qui étend le délit d’entrave à l’IVG à de nouvelles pratiques de dissuasion et d’information fallacieuse. Et les 16 associations* signataires de la lettre adressée au préfet, à la sous-préfète et au maire de Bayonne, comptent bien continuer à manifester leur mécontentement. "Tant que cette prière ne sera pas interdite", insiste M. Pérès.

Elles donnent rendez-vous samedi, à 15 heures, à proximité du lieu de la prière organisée par l'association "SOS Tout-petits", pour se rendre ensuite devant la sous-préfecture. Elles ne tiennent pas à donner trop d’importance à cette manifestation soutenue par le diocèse de Bayonne.


* Signataires : Planning familial, CIDFF64/AEFH, Zutik Collectif contre les violences sexistes, Emaztek Diote, Pour une alternative féministe, Les Bascos association LGBT, Ligue des Droits de l’Homme Bayonne, SE 64 syndicat des enseignants de l’UNSA, CFDT Pays basque, la Fédération Syndicale Unitaire, Parti socialiste section de Bayonne, PCF Côte basque, Insoumises et insoumis biarrots, Ensemble Pays basque, EELV Pays Basque, Aitzina.