Anaiz Funosas : Notre démarche a été comprise

La présidente du mouvement Bake Bidea dresse son bilan de la journée d'hier, à Paris, durant laquelle une délégation du Pays Basque a pu mettre sur la table le dossier des détenus basques. Avec désormais une volonté de dialoguer et d'échanger sur ce sujet des deux côtés.

Iurre Bidegain|11/07/2017 12:53|0 commentaires
Guz_prentsaurrekoa_bake-bidea_hotel_le-bayonne_imiquelestorena03
Pour Anaiz Funosas, de Bake Bidea, le dialogue est désormais ouvert avec Paris sur la question des détenus basques.©Isabelle Miquelestorena

Quel bilan faites-vous de la journée ?

Anaiz Funosas : Un bilan positif à plusieurs titres. D’abord, il est important de rappeler que c’est la première fois que le Pays Basque porte [à Paris] la défense du processus de paix à travers une délégation large et plurielle constituée d’élus et de membres de la société civile. Cela a été un message fort et parlant pour tous les interlocuteurs que nous avons pu avoir hier. Nous avons été écoutés sur le besoin de mener à bien ce processus de paix et notamment sur la réflexion à avoir quant à la question des prisonniers. Nous sommes contents du travail accompli, il s'agit d'une réussite collective.

Le but était d'avancer dans la résolution du conflit. A-t-il été atteint ?

A.F : L’objectif était que le Pays Basque porte la voix en faveur du processus de paix et des prisonniers à Paris. Ça a été fait. C’est vraiment un objectif accompli. Avec une perspective de travail et un rendez-vous important, le 9 décembre, que nous avons pu communiquer à tous nos interlocuteurs.

Dans votre communiqué, vous dites que la question des prisonniers basques est désormais inscrite dans les agendas des autorités françaises. Qu’est-ce que cela veut dire ?

A.F : Que ce soit pour les institutions qui travaillent sur les droits de l’homme, pour les parlementaires et pour les autres, cela représente un dossier à traiter. Il y a réellement eu un échange et une volonté de dialogue. Il ne s'agit pas seulement des autorités de l’Etat, il s'agit surtout des autorités qui peuvent agir sur ce dossier des prisonniers qui l’ont intégré dans leur agenda. Maintenant, il faut poursuivre dans cette voie, il faut qu’on détermine ce que vont être les champs d’action. Et agir.

Sur la rencontre avec le ministère de la Justice, je veux souligner que nous avons été reçus dans un délai court d’une semaine par Hélène Davo. L’accueil a été bon. Nous avions en face de nous une personne qui connaissait très bien le dossier. Notre démarche a été comprise et [nous avons senti] le souhait d’engager un travail et un dialogue dans les prochaines semaines sur ce dossier des prisonniers. C’est dans ce sens que nous disons avoir réussi à le rentrer dans l’agenda.

Hélène Davo est une ancienne magistrate de liaison avec la justice espagnole. Ses anciennes fonctions vont-elles limiter l’avancement de ce dossier ?

A.F : Nous savons très bien que tout est volonté politique et que tout dépend des décisions du ministère. Cela a été une première prise de contact, un premier échange. Le souhait est d’établir un dialogue. La perspective a été posée.

Maintenant que vous êtes revenus au Pays Basque, qu’est-ce que vous comptez faire ?

A.F : Il faut que nous nous posions, que nous analysions bien toutes les discussions que nous avons eues et les perspectives. Au-delà des échanges, il y a des propositions qui ont été formulées. Maintenant, il faut les prendre et les placer dans un agenda de travail. Nous avons aussi encore énormément de travail à faire. Certaines personnes n’ont pas pu nous recevoir parce que nous avons monté cette délégation en une semaine, les rendez-vous aussi.

C’était un premier pas important. Le Pays Basque s’est affirmé à Paris auprès des instances officielles et de la presse, pour dire que depuis Aiete, nous avons pris nos responsabilités. Nous les avons prises pour le désarmement, nous les prenons pour la question des prisonniers et nous les prendrons pour les victimes. Je tiens à souligner que ce message a été compris et défendu partout. Nous avons montré que nous étions capables de prendre des risques, nous continuerons à en prendre au profit du processus de paix. Grâce à notre méthode de travail qui s'est appuyée sur la société civile et les élus du Pays Basque Nord, nous avons pu arriver là où nous sommes arrivés.

INFOS ASSOCIÉES