Béatrice MOLLE-HARAN
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François Bayrou à la Justice, une nomination qui fait mouche

François Bayrou,on le sait, est proche idéologiquement du PNB et a toujours tissé des liens avec ce parti

18/05/2017 00:00 | 1 commentaire

L’annonce du gouvernement d’Edouard Philippe a été réalisée hier mercredi. Strictement paritaire : onze hommes, onze femmes. Gérard Collomb sera à l’Intérieur, Nicolas Hulot à l’écologie et François Bayrou est nommé garde des sceaux. Un poste régalien pour celui qui, au mois de février, apportait son soutien au candidat Macron. Un poste qui forcément fait écho à la problématique des détenus basques et aux principales revendications les concernant. Revendications exposées par les “artisans de la paix” à Louhossoa en début de semaine annonçant un grand rassemblement le 16 décembre prochain à Paris afin d’obtenir le rapprochement des prisonniers, la libération des conditionnables et des malades dans un premier temps. Ainsi qu’une prise en compte de toutes les victimes du conflit basque.

François Bayrou, on le sait, est proche idéologiquement du PNB (Parti nationaliste basque) et a toujours tissé des liens avec ce parti, aux commandes dans la Communauté autonome basque. François Bayrou, président du Modem et maire de Pau, connaît la problématique, et un de ses proches, Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental, était présent à la Conférence d’Aiete et s’est engagé sur ces revendications. Et nous a confirmé qu’il plaidera le dossier auprès de François Bayrou. L’avenir dira si la politique du “et de droite, et de gauche” portera ses fruits dans ce domaine comme dans d’autres.

La décomposition politique est à l’œuvre après la nomination à Matignon du premier ministre se revendiquant de droite, Edouard Philippe et la nomination aujourd’hui de ministres d’origines politiques diverses. Après avoir fait exploser la gauche, Emmanuel Macron exploite avec délice les divisions à droite. Et l’incertitude règne quant à la nécessaire recomposition qui devrait avoir lieu après les élections législatives des 11 et 18 juin. Un chiffre est déjà fort éloquent : 36 % des députés sortants ne se représenteront pas dans leurs circonscriptions. Et cela principalement à cause de l’application de la loi sur le non-cumul des mandats, mais le climat politique a aussi sa part dans cette nouvelle donne. Même si tous les sortants étaient réélus, ce qui paraît fort peu probable, il y aura 208 têtes nouvelles à l’Assemblée nationale. Parmi ces députés élus, et c’est le pari d’Emmanuel Macron, beaucoup seront issus de la dénommée “société civile”. Expression désormais courante et assez fourre-tout. Le journal en ligne Mediapart a mené l’enquête et le verdict est tombé : “Pas d’ouvriers, très peu d’employés mais beaucoup de chefs d’entreprise et de cadres du privé. Et aussi des avocats, lobbyistes et collaborateurs d’élus”. De nouvelles têtes certes, mais peu de renouvellement en terme de classes sociales, si d’avance la République en Marche (REM) obtenait la majorité absolue.

Concernant le Pays Basque Nord, les trois circonscriptions croulent sous le nombre de candidatures. Et ici comme ailleurs, l’incertitude règne. Difficile de prévoir si l’adhésion au phénomène Macron s’évanouira, diminuera ou s’amplifiera à travers les candidatures REM. Les repères sont brouillés. Lors des précédentes élections législatives, on se rassemblait au deuxième tour, mais l’implosion des divers partis de gouvernements de gauche ou de droite rend illisibles les alliances ou les désistements classiques. Pour le mouvement abertzale, même si ces élections n’ont jamais été un grand cru en terme de succès électoraux, elles seront un indicateur du rapport de forces entre les différents courants politiques présents à cette élection.