ETA : annonce du désarmement imminent et total

Le Monde a annoncé une initiative d’ampleur permettant de restituer l’ensemble de l’arsenal d’ETA ce samedi 8 avril.

Bénédicte SAINT-ANDRE|17/03/2017 12:24|0 commentaires
Txetx
Txetx Etcheverry avec le président de l'agglo Pays Basque (Bob EDME)

Si l’annonce était attendue, elle n’en demeure pas moins historique et inédite. Dans un article publié dans  Le Monde, Txetx Etcheverry affirme qu’ "ETA sera totalement désarmée le samedi 8 avril au soir".  "Plusieurs centaines de personnes de la société civile et de nombreux élus de la région participeraient à cette opération d’une ampleur inédite", est-il écrit.

Dans deux tribunes publiées successivement sur Enbata et Mediapart, Txetx Etcheverry a déjà très clairement posé les deux scénarios possibles. Il appellait le gouvernement à "autoriser un désarmement ordonné et sécurisé de l’arsenal d’ETA". Dans le cas contraire, il prévenait que la société civile , appuyée par les acteurs internationaux et les institutions basques prendrait elle-même en charge la responsabilité du désarmement.

D’après nos informations, un canal a également été ouvert pour délivrer ce message directement au gouvernement français. Mais selon le Monde, les conditions de participation du gouvernement ne sont aujourd’hui pas réunies. Ni Matignon ni Bauvau n'ont souhaité s'exprimer sur le sujet, rapporte le quotidien.

Un contexte favorable

Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement favorable au désarmement définitif d’ETA. L’organisation, via l’interlocuteur David Pla, a fait part de sa "décision ferme de se désarmer dans les plus brefs délais". Elle a délégué ce désarmement à la société civile dans des courriers rendus publics lors de l’opération de Louhossoa.

L’initiative de décembre dernier a par ailleurs provoqué un consensus politique et  social, au nord comme au sud en faveur d’un désarmement ordonné et rapide. Enfin, l’échéance de l’élection présidentielle française justifie la demande. Le forum de Biarritz avec la participation de Michel Berhocohirigoin, un des trois responsables du désarmement, a ainsi été pensé pour offrir une nouvelle avancée concrète à la question du désarmement avant la fin du quinquennat.  

Après Louhossoa, deux réactions de membres du gouvernement ont été livrées publiquement, dans une tonalité tout à fait révélatrice de leur fonction respective. Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, a d’abord laissé la main à  Madrid, sur le registre de l'antiterrorisme. Puis il a axé toute sa communication sur l’argument sécuritaire, induisant l’inconscience des artisans de la paix.

L’appui institutionnel absent lors de Louhossoa et que l'on sent nettement poindre aujourd'hui pourrait être dans ce cadre une nouvelle donne essentielle. Il rend les poursuites judiciaires encore plus complexes qu’en décembre dernier, d'autant plus si plusieurs centaines de personnes dont des élus sont désormais concernés.

Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, répondant à une question de MEDIABASK,  a quant à lui appelé de ses voeux une restitution de l’intégralité des stocks d’’armes sous le contrôle des autorités judiciaires nationales. "Chacun doit y prendre sa part , allons-y ", avait clôturé son intervention.

En posant très clairement une date à cette restitution, les "artisans de la paix" placent le gouvernement face à ses responsabilités régaliennes et impose une réponse officielle qu’il devra assumer publiquement dans un contexte d’état d’urgence.

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