La révolte des CCI

Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) de toute la France donnaient une conférence de presse ce mercredi 22 novembre contre la baisse annoncée par le gouvernement de 150 millions d’euros de leurs dotations. A Bayonne, André Garreta, le président de la CCI Pays Basque, a protesté vivement. 

Chloé REBILLARD|2017/11/22 17:00|0 iruzkin
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André Garreta a présenté en conférence de presse les griefs des CCI contre le projet de lois sur les finances du gouvernement qui prévoit de baisser de 150 millions d'euros les dotations aux CCI. © Coraline Migne

La colère grondait en cette matinée du 22 novembre au sein des salons feutrés des CCI, peu habitués aux révolutions et plutôt au diapason des réformes libérales actuellement appliquées par le gouvernement d’Edouard Philippe.

"En retirant 150 millions d’euros aux CCI, le gouvernement tire sur son meilleur allié dans les territoires" s’est insurgé André Garreta. Il a rappelé l’effort effectué par les chambres de commerce depuis des années pour parvenir à une baisse de leurs frais de fonctionnement. Depuis 2014, les mesures successives ont privé les CCI de 35% de leurs ressources. Cette fois-ci, le passage en force du gouvernement avec son projet de loi des finances (PLF) ne passe pas. 

"Nous demandons du temps pour échelonner nos efforts en effectuant un lissage sur l’ensemble du quinquennat" a affirmé A. Garreta. Cet échelonage, à hauteur de 30 millions par an, permettrait d’arriver à la baisse voulue par le gouvernement. Mais en cinq ans au lieu des trois mois qui sont actuellement sur la table. Les CCI réclament ce sursis afin d’adapter leurs pratiques et leur fonctionnement au nouveau budget qui leur sera dévolu. 

Le président de la CCI Pays Basque a mis en garde le gouvernement contre les impacts négatifs que pourrait engendrer ce nouveau coup de rabot dans leurs finances. Notamment en ce qui concerne l’accompagnement des TPE et des PME dans les territoires. Il estime que les CCI sont "victimes d’un parti pris idéologique centralisateur qui choisit d’ignorer les territoires".

La révolte des "Basses-Pyrénées" 

André Garreta a également vu rouge quand Joël Giraud, rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée nationale et député des Hautes-Alpes (LRM), a cité l’exemple de la cohabitation des deux chambres des commerces au sein d’un même département dans les "Basses-Pyrénées".

L'intervention visait à entamer des processus de fusion dans les départements concernés. Hors de question, pour le président de la CCi Pays Basque : "Le département des Basses-Pyrénées, n’existe plus depuis 1968. C’est une méconnaissance totale du territoire dont fait preuve un député de la République. La coexistence de deux chambres est entièrement justifiée par le fait que les deux bassins de vie et d’emploi du département ne sont pas tournés l’un vers l’autre. Le Béarn est bien plus tourné vers Tarbes ou Lourdes et la partie basque vers l’Espagne" s’est révolté André Garreta.