Pas de tilde pour Fañch

Le couple breton qui se battait pour faire reconnaître le tilde sur le prénom de leur enfant né en mai dernier a reçu la réponse du tribunal de Quimper ce matin : pas de tilde pour le petit Fañch. 

Chloé REBILLARD|2017/09/13 17:50|0 iruzkin
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Le tribunal d'instance de Quimper a rendu une décision interdisant aux parents de Fanch d'orthographier le prénom de leur enfant avec un tilde.

Cela faisait plusieurs mois qu’ils menaient bataille pour faire reconnaître le tilde sur le n du prénom de leur enfant. Après avoir réussi à faire accepter ce signe diacritique à l’Etat civil de la ville de Quimper, ils avaient été convoqués par le tribunal. Réponse ce matin de la présidente du tribunal d’instance de Quimper : Fañch ne pourra pas s’écrire avec un tilde. 

Jean-Christophe et Lydia Bernard, les parents, ne comptent pas s’arrêter là. Ils réfléchissent aux suites à donner pour faire reconnaître cette petite virgule sur le n qui a leur sens change tout. Ils pourront compter sur le soutien de la basque Alexandra Ibañez qui a écrit au procureur de la République de Bayonne début septembre. La jeune mère de famille, dont l’arrière grand-père était immigré espagnol, veut faire reconnaître la tilde sur l’état civil de son fils. Elle ne se fait pas d’illusion sur la réponse du procureur : "D’autres l’ont déjà tenté avant moi, et la réponse a toujours été négative, je serai plus surprise s’il acceptait de revoir le nom." 

Ce constat n’entame en rien sa combativité et sa détermination : "Depuis cet été, j’ai créé une page facebook qui réunit à ce jour plus de 500 membres car ici au Pays Basque beaucoup sont concernés, que ce soit par leur prénom basque, ou par les noms de famille d’origine espagnole." Elle entend mobiliser pour cette cause linguistique : "Les personnes qui se sentaient seules dans leur combat, sont prêtes à se regrouper pour des actions collectives." En contact avec les parents de Fañch, elle doit également rencontrer la présidente de l’OPLB en septembre et peut compter sur le soutien de Seaska. 

Elle a aussi mis en ligne une pétition pour protester contre l’interdiction de ce signe diacritique. Les signataires demandent : "à l'État français de faire cesser cette discrimination pratiquée par les services de l'Etat Civil, et qu’il reconnaisse enfin le "ñ" " .