La Catalogne dans la voie de l’indépendance envers et contre tout

Cette semaine, le Parlament a voté les lois portant sur la consultation du 1er octobre et la phase transitoire avant la mise en place d’une République indépendante. Le Gouvernement de Madrid a répondu par de multiples recours.

 
Goizeder TABERNA|2017/09/09 08:55|0 iruzkin
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Oriol Junqueras, Carles Puigdemont et Jordi Turull à leur arrivée au Conseil exécutif du Govern. (@Govern)

Les Catalans défileront dans la rue lundi. Comme tous les 11 septembre, ils fêtent la Diada, la journée de la Catalogne. Avec plus d’un million de personnes en faveur de l’indépendance, l’édition 2012 avait été un tournant dans la vie politique du territoire. Un cycle qui aboutira au référendum d’autodétermination du 1er octobre prochain. En attendant ce jour, les institutions sont la scène d’un bras de fer entre la Catalogne et Madrid. Une bataille politco-judiciaire intense.

La perquisition judiciaire d’une imprimerie de Tarragone par la Guardia Civil espagnole ce vendredi en est l’illustration. Elle était à la recherche de bulletins de vote. Débats houleux, suspensions de séances, les sessions de ces derniers jours au Parlament ne sont pas plus calmes. Elles sont suivies de recours et de menaces des institutions espagnoles. Mais les élus de la majorité semblent déterminés à appliquer la feuille de route établie.

Le président de la Generalitat, le gouvernement catalan, a reconnu hier que la défense totale du référendum le place dans une situation qui n’est pas facile, mais il a certifié que cela ne remettait pas en question la stratégie entreprise. "Certains d’entre nous risqueront beaucoup. Nous irons jusqu’au bout et nous vous garantissons que le Govern ne dérogera pas", a affirmé Carles Puigdemont.

Le Tribunal constitutionnel espagnol a suspendu les lois

Mercredi, les députés ont voté les lois qui encadrent la consultation, jeudi, celles qui préparent juridiquement la transition dans le cas où la majorité des bulletins de vote étaient favorables à l’indépendance. Le Parti socialiste catalan, le Parti Populaire et Ciudadanos n’ont pas participé aux votes.

Sitôt approuvées sitôt stoppées, le Tribunal constitutionnel espagnol a suspendu les lois sur le référendum en procédure d’urgence. De façon générale, le tribunal madrilène a accepté l’examen des recours présentés par le gouvernement central, mais il ne s’est pas encore prononcé sur tous.

Puni par de la prison

Quant au Tribunal supérieur de justice catalan, il a accepté la procédure lancée par le parquet général à l’encontre de Carles Puigdemont et des membres de son gouvernement, pour désobéissance, prévarication et malversation de fonds publics. Ce dernier délit est puni par de la prison. Il a fait de même pour la présidente du Parlament Carmen Forcadelle et les membres de l’instance qui regroupe les présidents de groupes parlementaires qui avaient validé la procédure de vote de la loi sur le référendum.

A Madrid, le parquet général a également pris des initiatives ayant pour cible les préparatifs de la consultation, alors que près de 16 000 personnes se sont portées volontaires pour son organisation et que plus de 600 municipalités, soit deux tiers des communes, ont donné leur accord pour ouvrir les bureaux de vote. Pour l’instant, la Ville de Barcelone n’a pas dévoilé sa position quant à l’ouverture des bureaux de vote le jour J.