Le péage gratuit pour dénoncer le retard des aides de la PAC

Le syndicat ELB a levé les barrières du péage de Biarritz La Négresse, hier après midi, le lundi 28 août. Lui et la Confédération Paysanne réclament le versement immédiat des aides de la Politique agricole commune (PAC) en retard.

Caroline MALCZUK|2017/08/29 08:10|0 iruzkin
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Les manifestants ont distribué des tracts aux automobilistes pour expliquer leur action "péage gratuit". ©Isabelle MIQUELESTORENA

Le syndicat ELB a mené une action "péage gratuit", hier après midi, à Biarritz. Les barrières du péage La Négresse ont été levées pour les automobilistes en direction de Bayonne. La cinquantaine de participants à l'opération a distribué des tracts pour expliquer le mécontentement des agriculteurs quant au retard dans le versement des aides de la Politique agricole européenne (PAC).

Au même moment, la Confédération paysanne investissait l'Agence de services et de paiement à Limoges, l'action mère de la journée. Une soixantaine de manifestants y a passé la nuit. Et ils ne quitteront l'ASP qu'après avoir été entendus par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travers, disent-ils. En attendant, d'autres actions sont à prévoir.

"Que toutes les aides en retard soient versées maintenant" demandent communément ELB et la Confédération Paysanne. Et d’énumérer que "des acomptes ont été versés", qu’il "manque  le solde dans beaucoup de fermes", que "l’intégralité des aides à la transition agricole comme à l’agriculture biologique sont attendues par de nombreux paysans et paysannes, parfois depuis 2015".

La Confédération paysanne revendique, de plus, un dédommagement financier pour le retard de paiement. Considérant qu'il est "inacceptable que [les agriculteurs doivent] supporter financièrement le poids du retard de paiement". Alors que "l'État est le seul responsable".

Promesse trahie ?

ELB et la Confédération Paysanne réclament également une meilleure répartition des soutiens agricoles qui, selon eux, est faite "dans l’interêt de ceux qui ont de grandes surfaces". Ils revendiquent, "à défaut d’une répartition des aides directes à l’actif agricole", le maintien de la promesse du précédent gouvernement d'une majoration de l'aide aux 52 premiers hectares.

Cette mesure avait été négociée par l’ancien ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, afin de soutenir les petites et moyennes exploitations lors de la définition de la PAC 2014-2020. Elle devait passer progressivement de 5% de l’enveloppe globale en 2015 à 20% en 2019. Or, Stéphane Travers avait décidé en juillet dernier que le taux soit maintenu à 10% pour 2018. Répondant à une demande de la FNSEA et de l'Association générale des producteurs de blé qui, déjà en 2016, avaient plaidé pour une stabilisation du taux à 10% en mettant en avant la difficulté des céréaliers.