Larralde et Bilbao champions

Peio Larralde et Bixintxo Bilbao face à Waltary Agusti et Peio Guichandut, la dernière journée du championnat de France Elite-Pro a fini en apothéose, avec la victoire des premiers.

Antton ETXEBERRI|2017/05/02 12:11
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Peio Larralde et Bixintxo Bilbao face à Waltary Agusti et Peio Guichandut. ©Isabelle MIQUELESTORENA

Le championnat de France Elite-Pro a fini en apothéose dimanche au trinquet Moderne de Bayonne, devant un public enchanté du spectacle offert par les quatre protagonistes de la journée. La partie s'annonçait équilibrée et elle le fut de bout en bout, tenant en haleine les pilotazale, ravis. Peio Larralde et Bixintxo Bilbao ont finalement été coiffés de la txapela, après une partie au rythme intensif qu'ils ont remporté sur le score de 40 à 38, face à Waltary Agusti et Peio Guichandut.

La partie équilibrée entre les deux équipes durant la première dizaine a vu Larralde et Bilbao décrocher leurs adversaires, pour mener 20 à 13, grâce notamment à 4 buts de l'avant d'Hasparren qu'auront laissé par terre Waltary et Guichandut. L'avant d'Hasparren et l'arrière de Ciboure avaient pour stratégie de tenir Guichandut au fond et éviter les coups de semonce du Cubain, qui a eu du mal à aider son partenaire durant la première vingtaine. Bénéficiant de peu de cadeaux, Waltary n'a pas pu prendre le jeu à son compte, et c'est Guichandut qui a tenu la partie en jouant l'arte xare à merveille. Le duel de costauds entre les deux arrières a tenu ses promesses, et Peio Larralde a su à bon escient s'imposer pour finir la point, notamment à droite.

Le premier tournant de la partie est finalement venu du ciel (ou d'ailleurs), avec à midi l'entrée dans le trinquet du chanteur Michel Etcheverry, pour chanter l'Angelus. Une des traditions dans la pelote veut qu'à cette heure-là, la partie de pelote soit interrompue. Les instances de la pelote qui travaillent à l'évolution de notre sport seraient bien inspirés de réfléchir aux conséquences du maintien de ce chant d'église en milieu de partie. Ce débat qui mériterait d'être réellement posé pourrait trouver une solution, et en attendant les conclusions, le début de la finale pourrait être avancé d'une demi-heure.

En tout cas, comme l'année dernière, la partie a connu un tournant avec cette interruption. Ceux qui menaient au score sont revenus sur la kantxa complètement désorientés, ce dont ont su profiter leurs adversaires. Waltary, qui n'avait pas mis un seul but durant les deux premières dizaines, va enfin retrouver ses repères, pour infliger un sanglant 31 à 20, avec notamment 7 buts gagnants d'affilée, que Larralde à la volée, ou Bilbao après le rebond, n'auront pas su ramener. La partie si plaisante jusqu'à cet Angelus est devenue une série de buts gagnants du Cubain, et les nombreux spectateurs ont commencé à donner de la voix pour encourager Larralde et Bilbao à s'accrocher. Peu de monde à ce moment-là aurait parié sur un retournement de situation, tant Waltary a pris le jeu à son compte, bien secondé par Guichandut qui a pu profiter des belles pelotes.

Mais l'invraisemblable est arrivé, et c'est Peio Larralde qui a su trouver la faille chez ses adversaires. Il s'est mis à buter de gauche à gauche, soit tout droit obligeant Waltary à ramener de la gauche, soit paret au-dessus du tambour de gauche et punpa xare au filet du fond, ne laissant aucune chance à Guichandut. Finalement, l'avant d'Hasparren aura mis un total de 12 buts gagnants (comme son adversaire Waltary). Son équipe a réussi à recoller à 33 partout. Tout reste à faire pour chacune des deux équipes, et le suspense est à son comble.

Les deux équipes se rendent coup pour coup, et même si les deux arrières touchent durant cette dernière dizaine beaucoup le mur de gauche, les échanges durant le point sont d'un haut niveau, personne ne voulant lâcher. A 38 partout, Waltary ne saura pas enfoncer le coup au but, ce dont a su profiter Peio Larralde, qui lui, à 39, butera à merveille et finira le point en obligeant Waltary à rester à l'arrière.

Cette partie s'est jouée sur un détail, et ce sont ces détails qui auront finalement fait la différence. Peio Larralde, le principal artisan de cette victoire, aura su avec ses buts trouver la faille chez ses adversaires, au bon moment. La clé de la partie. Comme il y a deux ans, Larralde et Bilbao remportent le titre, le troisième d'affilée pour le Ziburutar Bilbao. Le jeune Peio Guichandut, qui n'a pu retenir les larmes au moment de la remise des trophées, n'aura pas grand-chose à se reprocher : il est à féliciter pour sa prestation. Il fait aujourd'hui partie des grands.