Le PNB propose son plan pour l'euskara

Beñat Arrabit, également vice-président à la politique linguistique au sein de l'agglomération Pays Basque, a présenté le projet de "statut territorial de l'euskara". Il se veut pragmatique et réalisable. 

Bénédicte SAINT-ANDRÉ|2017/04/19 08:05|0 iruzkin
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Beñat Arrabit, candidat aux législatives sur la 4e circonsription s'est exprimé en présence des autres candidats PNB © Isabelle Miquelestorena

A l'approche de l'élection présidentielle, le parti abertzale de centre-droit a souhaité mettre sur la table son "statut territorial de l'euskara". Une solution jugée pragmatique face aux refus successifs de l'Etat français d'accorder un statut légal à cette langue, qui sera l'émanation du territoire et également une étape vers la co-officialisation. 

Ce statut, qui devra se concrétiser dans le prochain mandat élyséen se compose de trois volets et devra être porté par l'Agglomération Pays Basque, défend Beñat Arrabit, par ailleurs vice-président en charge de la politique linguistique. D'abord, les abertzale proposent de trouver dans la jurisprudence les décisions qui ont pu abonder dans le sens de l'euskara et d'en réaliser un corpus. Ce afin de "sécuriser les acteurs locaux qui au moment de l'usage de l'euskara ont un doute sur la légalité de leurs actions".

Dans un second temps, le PNB veut favoriser l'expérimentation permise via des dérogations légales en fonction des réalités locales. Entre autres exemples, déroger à la loi Falloux pour financer les écoles immersives du réseau Seaska, et généraliser l'immersif en maternelle ainsi que le bilingue français-euskara pour les autres filières. L'agglomération devra également accompagner l'Education nationale pour financer des postes d'enseignants, explique Beñat Arrabit. Il est également favorable à l'embauche de bascophones concernant les emplois accueillant du public. "Cela doit être un plus, et non un critère déterminant", précise-t-il.

Une commission d'élus à venir

Le troisième volet est celui de la contractualisation avec des partenaires publics. Pour le PNB, l'Agglomération Pays Basque devra récupérer la compétence langues et cultures régionales à la Région pour la partie euskara. "Nous savons mieux ce qui est bon pour nous". Les autres contrats viseront à assurer des accueils bilingues, y compris dans la signalétique, encourager la formation du personnel et le bilinguisme des documents administratifs dans l'ensemble des services publics. Beñat Arrabit souhaite d'ailleurs que les délibérations de l'agglomération soient traduites en euskara.

"Tout cela est encore à l'état de projet", concède-t-il néanmoins, l'agglomération en étant à ses balbutiements en la matière. Le vice-président ne s'est pas encore entretenu de ce plan avec le président de l'institution Jean-René Etchegaray, ni avec ses collègues. Une commission rassemblant une trentaine d'élus et ouverte à tous les élus municipaux devrait être constituée d'ici la rentrée. "Je vais évidemment proposer cette formule. Mais, toutes les propositions seront entendues".

Les communes toujours impliquées

Il table sur des premières réalisations concrètes pour 2018. Actuellement, dix personnes, issues des anciennes intercommunalités travaillent au sein de l'agglomération en faveur de l'euskara. "Pour l'instant, elles poursuivent leurs actions avant une montée en puissance", appuie Beñat Arrabit. Deux agents du Syndicat de soutien à la culture basque, dont la disparition est actée, viendront les rejoindre dans les prochains mois.

"Le but de l'agglomération est d'être chef de file, de mener une politique linguistique ambitieuse. Pour autant, les communes devront continuer à agir, précise-t-il. La semaine dernière en effet, le maire d'Anglet Claude Olive évoquait en conseil municipal le transfert des techniciens de Biarritz et Bayonne vers l'agglomération, techniciens dont sa commune pourraient ensuite éventuellement bénéficier.

"Ce n'est pas le sens de notre action, l'euskara est une compétence partagée", explique Beñat Arrabit. La délibération lors de la prise de compétence a d'ailleurs été rédigée en ce sens. Il ne s'agit pas de "déposséder les communes de la possibilité de promouvoir la langue et la culture basques sur leur territoire" est-il écrit.