Marion Maréchal Le Pen désigne des ennemis à gogo

Hier soir, à la réunion publique de Marion Maréchal Le Pen, la députée du Vaucluse et nièce de la candidate du Front national s'en est pris aux manifestants, aux adversaires de Marine Le Pen et aux journalistes. Oubliant parfois de parler du programme de sa candidate.

Caroline MALCZUK|2017/04/12 14:44|0 iruzkin
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Marion Maréchal Le Pen avec, à sa droite, Jean-Michel Iratchet lors de son entrée en scène. ©Isabelle MIQUELESTORENA

Marion Maréchal Le Pen a eu le droit à un double comité d’accueil. Avec d’un côté une vingtaine de camions de CRS et de gendarmes. De l’autre, 400 à 600 manifestants qui ont répondu à l’appel de divers mouvements, syndicats et partis politiques de gauche pour dénoncer un "discours de haine". Contraste à l’intérieur, 200 places seulement sont prises sur les 1 000 que la salle Lauga contient.

Marion Maréchal Le Pen débute son discours avec du mépris pour les manifestants qu’elle dit appartenir à une "milice d’extrême gauche". Elle les définit comme des "punks à chiens" ou encore des "fumeurs de chichon" qui "ne représentent rien". Elle s’adresse ensuite aux militants du Front national présents comme à un "peuple de bergers, de marins, de montagnards", enchainant donc la stigmatisation à des clichés tout trouvés. Sauf qu’il n’est pas évident que toutes les personnes soient basques. Certaines auraient fait le déplacement des Landes pour renflouer les rangs.

Pendant près d’une heure trente de meeting, la députée du Vaucluse, venue défendre le programme de Marine Le Pen, aura passé une grande partie de son temps à s’attaquer aux principaux adversaires de sa candidate - Emmanuel Macron, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon - pour mieux placer le Front national comme "le parti de la France". Mais Philippe Poutou et Christian Estrosi en prennent aussi pour leur grade. Ainsi que les politologues, les sociologues et les journalistes. Au final, elle n’aura réussi à donner que quelques lignes des 144 engagements.

Lors de la réunion publique, il est question de réforme constitutionnelle, de référendum sur le Frexit, de suppression de la directive des travailleurs détachés, de "patriotisme économique", de défense du patrimoine, de déchéance de nationalité pour les binationaux de retour de Syrie, de politique au profit des TPE et PME, ou encore de "désarmement des banlieues". Et la politique de Donald Trump est, sans surprise, citée plusieurs fois en exemple. Mais si le Front national est encore dans la perspective de se dédiaboliser, hier soir, avec Marion Maréchal Le Pen, l’exercice était loupé.

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