Grippe aviaire : des éleveurs sur le pied de guerre au Pays Basque

Le vent de fronde s’est levé sur le Pays Basque. A l’appel du syndicat ELB, depuis ce matin, des éleveurs, des élus et des particuliers montent la garde devant trois élevages autarciques de canards et de poules pondeuses à Domezain, à Gabat et Barcus. Trois élevages menacés d’abattage préventif d’ici la fin de cette semaine.

Virginie BHAT|2017/04/12 17:30|0 iruzkin
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Paysans, élus et consommateurs se sont rassemblés devant trois élevages pour les protéger de l'abattage de leurs volaille. ©DR

"A tour de rôle, nous monterons la garde devant ces trois élevages, prévient Panpi Saint-Marie, secrétaire général du syndicat ELB. Au moins jusqu’à vendredi. "A l’appel du syndicat, des paysans, des élus et des consommateurs font le siège à Domezain, à Gabat et à Barcus devant trois élevages de canards et de poules pondeuses. Leur mission : empêcher l’abattage des volailles décidé par la DDPP, direction départementale de la protection des populations, dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire.

"Ces trois élevages sont sains ! s’indigne Panpi Sainte-Marie. Ils ont réalisé des analyses sur leurs animaux vendredi dernier. Et tous les tests sont négatifs. On n’est plus dans un abattage préventif d’autant plus qu’autour de ces trois fermes, il n’y a plus de canards ! Cela ne rime à rien."

Les élevages de Jean-Michel Berho à Domezain, Bernadette Prébendé à Gabat et la ferme Ühartia à Barcus vivent en autarcie. Aucun animal vivant n’en sort. Aucun intervenant extérieur ne s’y présente, ce qui pourrait être un vecteur possible de contamination. Un circuit fermé où les éleveurs veillent à protéger leur cheptel des risques sanitaires et n'exposent pas d'autres élevages à des risques qui pourraient surgir chez eux, note le syndicat.

Mais, la DDPP des Pyrénées-Atlantiques ne veut rien entendre. Pourtant, ailleurs, en Lot-et-Garonne entre autres, les éleveurs situés à côté de foyers de grippe aviaire et les autorités sanitaires collaborent pour maintenir en vie les élevages de volailles, pointe du doigt ELB. A la clef surveillance étroite et analyses régulières des animaux.

L’abattage prévu par la DDPP 64 pourrait intervenir vendredi matin. Le syndicat qui multiplie les contacts avec le Département, la Région et le ministère de l’Agriculture, espère que les éleveurs seront entendus. En attendant, à Gabat, Domezain et Barcus, chacun restera sur le pied de guerre.