Saint-Palais : les agents se mobilisent au centre hospitalier

Une mobilisation avait lieu hier matin, mercredi, au centre hospitalier de Saint-Palais. Des agents demandent leur reclassement et la prise en compte de leur ancienneté. La direction se défend d’appliquer les règles.

Caroline MALCZUK|2017/03/23 08:05|0 iruzkin
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Les agents du centre hospitalier de Saint-Palais étaient mobilisés ce mercredi matin.©Isabelle MIQUELESTORENA

En 2013, la clinique Sokorri de Saint-Palais, empêtrée dans des problèmes financiers, est devenue un établissement public de santé, géré en partie par le centre hospitalier de la côte basque de Bayonne. Mais ce passage du privé au public, pas si simple et assez inédit dans l’Hexagone, est à la source d’un conflit entre des agents et la direction.

Ils étaient une trentaine à se mobiliser hier au centre hospitalier de Saint-Palais pour critiquer un reclassement "a minima" de certains d’entre eux, "comme si on entrait dans la fonction publique". Alors que des agents "ont 40 ans d’ancienneté" souligne Maitena Mendiondo, représentante CGT au sein de l’établissement.

Sur les 120 salariés de la clinique, 97 ont demandé d’avoir un statut public car ils répondaient aux conditions pour l’obtenir. Sur ces 97 personnes, 27 contestent les modalités d’intégration. Dont la prise en compte de la moitié des années d’exercice réalisées. "On applique les dispositions réglementaires" se défend Stéphanie Cohorte, directrice adjointe au centre hospitalier de la côte basque, déléguée sur le site de Saint-Palais.

Deux requêtes validées

Deux fois, le tribunal administratif de Pau a donné raison au collectif de salariés du centre hospitalier qui s’est constitué avec l’appui de la CGT. Une première requête en annulation est déposée concernant le retard de la titularisation de 85 salariés, initialement prévue le 1 er mai 2013 et décalée par la direction des ressources humaines au 1er janvier 2015. En juin 2016, le tribunal la valide et demande à l’établissement d’avancer la date des titularisations promises.

Une nouvelle requête en annulation est validée par le tribunal administratif en décembre 2016. Elle concerne cette fois la prise en compte de l’ancienneté des agents. Le centre hospitalier a alors trois mois pour proposer un nouveau modèle d’intégration. Les agents concernés et la CGT attendent toujours une proposition de la direction. Et s’impatientent. "Cela va être fait dans quelques jours. On est encore dans les délais" affirme Stéphanie Cohorte.

Dégradation des conditions

Le personnel de l’établissement a profité de la manifestation de ce mercredi matin pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. En cause notamment, la restructuration du centre hospitalier en cours. "Les agents n’en peuvent plus", se plaint Maitena Mendiondo. Stéphanie Cohorte reconnaît des "nuisances" et admet que c’est "une période qui est compliquée pour tout le monde". Mais rappelle que la fin des travaux est seulement prévue pour septembre 2018…

Les travaux ne seraient pas le seul coupable de ce mal-être du personnel qui, selon la CGT, enregistre un taux d’absentéisme record de 12 % en 2016, contre 3 % en 2013. Avec une hausse des arrêts et accidents de travail. Manque de matériel, pressions pour plus de rendement... "Il faudrait peut être qu’ils se posent les bonnes questions", alerte Maïtena Mendiondo.

Le président du conseil de surveillance, Jean-Jacques Loustaudaudine, maire de Saint-Palais, est venu à la rencontre des manifestants. Il a leur promis de mettre les problèmes évoqués à l’ordre du jour lors du prochain conseil de surveillance.