Les Rencontres entrent en scène sur les Docks

Les Rencontres sur les Docks souffleront leurs 13 bougies cette semaine. Entre cinéma, musique et peinture, ce festival est à l’image du cinéma l’Atalante qui le porte. Il commence dès aujourd'hui par l'avant-première de "Félicité", grand prix du jury de la Berlinale et Etalon d’or du Fespaco.

Virginie Bhat|2017/03/08 07:55|0 iruzkin
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Le photographe Gorka Bravo a réalisé une série de clichés dont est tirée l'affiche de cette 13e édition. ©Gorka Bravo

Les Rencontres sur les Docks ont bien l’intention de trancher avec la morosité ambiante. Dès ce mercredi, ils veulent faire swinguer les esprits… et les corps avec une programmation où cinéma, musique et peinture se feront écho.

Aujourd'hui, c’est une oeuvre d’Alain Gomis qui sera projetée, en avant-première, à 21 heures. "Son film Félicité est une plongée très sensorielle dans le Kinshasa, décrit Jean-Pierre Saint-Cricq, président du festival. L’histoire d’une chanteuse, mère célibataire, qui se bat pour faire soigner son fils." Jean-Pierre Saint-Cricq n’en dira pas plus afin de laisser le spectateur tout à la découverte de cette oeuvre qui a été couronnée tout récemment de deux prix : samedi 4 mars, l’Etalon d’or du Fespaco, plus haute distinction du festival panafricain de Ouagadougou, et le Grand prix du jury de le Berlinale, le 18 février dernier.

Le réalisateur Alain Gomis sera présent à la projection afin de discuter, à son issue, avec son public. Mais avant sa projection, à 20 heures, Les Rencontres ont invité le trio Marion Rampa pour un concert. Un trio dont la musique se rapprochera de l’oeuvre d’Alain Gomis.

Création basque

Jeudi soir, les Rencontres plongent les regards dans la création basque. Une création dont l’Atalante a organisé la distribution en Pays Basque Nord et au-delà, en partenariat avec l’Institut culturel basque. La programmation commencera par une soirée Txot, avec la projection, à 18 h 30, du documentaire "Sagardoa Bidegile, histoires de cidre". Elle se poursuivra par un apéro-pintxo à 20 heures, toujours autour du cidre et ses pommes. Avec la présentation de la campagne de vente de pommiers imaginée pour financer le nouveau lycée Bernat Etxepare et du lancement de la fête du cidre Sagarno Eguna, qui aura lieu en juin. Ouverture du Txotx en présence des parrains Alain Darroze et Pantxika Maitia ainsi que des bertsulari Patxi Iriart et Maddi Sarasua.

Enfin, à 21 heures, un ciné-concert. C’est sur les images d’un bateau à la dérive, d'une femme mystérieuse et d'un vampire de cinéma que les deux musiciens Joserra Senperenea et Ignacio Bilbao assureront la direction musicale en direct. "Parvenant à mener sa barque au fil d'une inspiration débridée, le cinéaste Koldo Almandoz, embarque dans son film les fantômes de Nosferatu et de Florence Balcombe, la femme du créateur de Dracula…", promettent les organisateurs.

D’autres courts-métrages en langue basque seront projetés le lendemain, vendredi 10 mars. Courts-métrages qui ouvriront ensuite sur la projection, en avant-première encore à 21 heures, d’"Orpheline", en présence de son réalisateur, Arnaud des Pallières. "L’histoire d’une femme dont le personnage est interprété par quatre actrices, chacune pour une période de sa vie. C’est un film assez charnel, tragique et fort", poursuit Jean-Pierre Saint-Cricq.

Sur les murs et le parquet

C’est ce vendredi à 19 heures que se tiendra le vernissage de l’oeuvre de Stéphane Moscato. "Nous avions envie de laisser des traces sur nos murs. Nous avons invité Stéphane Moscato en résidence pour qu’il y exprime son art." Une fresque sur les murs de l’Atalante émergera de son travail, une critique assez radicale de la société de consommation et de l’aliénation du vivant.

A noter samedi à 20h30, le "bonbon du festival", la projection de "Paris Pieds Nus", une oeuvre de Dominique Abel et Fiona Gordon qui seront dans la salle pour échanger avec le public. Une oeuvre "hyper enjouée" qui rappellera Tati et Burster Keaton. Et ce soir-là, pour poursuivre dans la joie, le parquet de l’Atalante sera foulé par des milliers de spectateurs depuis sa création. Les pas dansants d’un bal du samedi soir. Une vraie soirée de guinguette à 22h30.

"C’est la 13e édition des Rencontres sur les Docks, termine son président. Ce sera la dernière fois qu’il se tiendra dans ces lieux. L’année prochaine, nous l’accueillerons dans les nouveaux locaux de l’Atalante que nous surnommons parfois de maison du cinéma. Dans un contexte de changements, c’est un festival qui dure."

Doté d'un budget de 100 000 euros environ, le festival avait accueilli 5 000 entrées, dont 1 500 scolaires, l’an dernier.