Les chiens aboient, la caravane passe

A la veille de la phase décisionnelle concernant l'EPCI unique Pays Basque, certains élus défendent un pôle métropolitain assoupli dans le territoire Pays Basque. La plateforme Batera porte une analyse critique sur cette proposition alternative. Derrière la bataille des sigles, le débat d'idées.

Bénédicte Saint-André|2016/03/02 17:25|0 iruzkin
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Batera organise plusieurs rassemblements le 2 avril. © Isabelle MIQUELESTORENA

Les conseils municipaux se prononceront sur l'avenir intercommunal du Pays Basque d'ici fin mai. Selon la plateforme Batera, c'est bien l'EPCI unique qui est pertinent à l'échelle du Pays Basque et non le pôle métropolitain assoupli (PMA) défendu par certains élus.

C'est en ce sens que la caravane continue sa campagne de sensibilisation. Elle a d'ores et déjà traversé 146 communes sur les 158. "Les élus et habitants ont besoin d'information. Les discussions sont saines y compris avec les opposants au projet". Mais selon Martine Bisauta, "là où certains tentent de trouver des solutions, les autres se contentent de soulever les problèmes".

En effet, le débat sur l' EPCI unique met en exergue un paradigme inversé. Les "pour" s'attachent à démontrer que l'EPCI est adaptable à un territoire qui fait sens, le Pays Basque, les "contre" assènent que l'outil intercommunal ne saurait prendre à son compte l'hétérogénéité d'un tel territoire.

Dans ce cadre, il faut bien le dire, le PMA est une solution de repli envisagée en outre comme une étape. Or, selon Batera, renvoyer à demain l'EPCI unique ou encore la collectivité territoriale à statut particulier ne garantit en rien leur réussite dans le futur et revient à rater une opportunité comme en 1981, lorsque le président François Mitterrand avait promis un département Pays Basque.

"Vingt années de travail collectif"

Pour les maires opposés au projet, la proposition des services de l'Etat ne repose sur aucun projet de territoire. Une telle affirmation revient à faire fi "de vingt années de travail collectif eu sein des Conseils de développement et des élus, ou des travaux de prospective réalisés lors de contrats territoriaux". Des travaux qui avaient d'ailleurs rejeté la proposition de PMA.

Par ailleurs, selon Michel Berhocoïrigoin, la récupération du terme "Communauté Pays Basque" pour le projet de PMA est impropre. "Le PMA est un syndicat mixte. Or ce terme est légitime pour une communauté urbaine ou d'agglomération comme c'est le cas dans le projet d'EPCI unique". Dans le même sens, le projet de PMA ne garantirait en rien la continuité territoriale du Pays Basque puisque chaque EPCI déciderait ou non de l'intégrer.

Un débat complexe

Pour les maires qui le défendent, Le PMA Pays Basque est néanmoins un projet ambitieux. "Comment le pourrait-il alors qu'il n'est qu'un simple espace de coordination pour agir sur quelques compétences et sans fiscalité propre ?" interroge Batera.

"Le débat est complexe mais il aura au moins permis d'informer la population", conclut Martine Bisauta. A cette fin, les prochains rendez-vous fixés par Batera auront lieu :

-  le jeudi 3 mars au Kirolak, à Bidart, à 18h30 ;
-  le mercredi 9 mars à la Maison des associations de Biarritz, à 18h 30 ;
-  le vendredi 11 mars à la Maison des associations d'Anglet, à 20h30.