Sakonean
Le Pays Basque

D'ici 2017, 120 bornes de charge pour voiture électrique vont être installées dans le département. Au Pays Basque, une quarantaine de communes sont susceptibles de participer au projet. Pourtant, les particuliers ne semblent pas avoir pris le virage de l'électrique. 

Charlotte Dalmont|2015/02/21 08:45|0 iruzkin
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La Citroën C Zero

"L'autonomie réelle d'une électrique est d'environ 100 à 150 km, en fonction de la conduite que l'on adopte", S. Blanché, concessionnaire. 

"En 2025, le parc électrique s'élèverait à 25 000 véhicules, soit 5 % du parc total de véhicules en circulation", S. Bordenave, directeur du SDEPA

"Pour que la voiture électrique soit écologique, il faudra encore attendre de nombreuses années", V. Pachon, président du CADE

Deux cents, c'est le nombre de véhicules électriques qui circulent dans le Pays Basque actuellement, selon Serge Bordenave, directeur du Syndicat d'énergie des Pyrénées-Atlantiques (SDEPA). "En 2025, le parc électrique s'élèverait à 25 000 véhicules, soit 5 % du parc total de véhicules en circulation, professionnels et particuliers compris", assure-t-il. C'est pourquoi le syndicat va financer en partie l'installation de bornes de recharge électriques dans tout le territoire.

Cette installation s'effectue dans le cadre d'un dispositif national soutenu par l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Chaque borne sera équipée de deux prises de charge (système gratuit). Au total, 240 points de charge seront donc disponibles dans le département. Au Pays Basque, une quarantaine de communes pourraient accueillir ces bornes d'ici 2017, si elles acceptent la proposition du SDEPA. Installées tous les 25 km, les bornes auront un coût de fonctionnement de 300€ par an aux communes .

De la côte au Pays Basque intérieur, une borne serait affectée à chaque commune, "peut-être plus pour le BAB", souligne Serge Bordenave. Au total, ce projet représente un investissement de 1,4 millions d'euros, financé par l'ADEME (50%), le SDEPA (30%) et les communes (20%). Le début du déploiement est prévu à l'automne 2015, pour une livraison complète en 2017.

"Pas de bruit, pas de vibration, pas d'odeur"

Mais l'installation de ces bornes va-t-elle inciter les particuliers à se tourner vers l'électrique ? "Oui, avance Sébastien Blanché, directeur de la concession Renault à Saint-Jean-de-Luz, si le système de charge est rapide". Selon le concessionnaire, la voiture électrique possède de nombreux avantages : "Pas de bruit, pas de vibration, pas d'odeur", commence-t-il. Une absence de bruit qui permet d'être plus à l'écoute de son automobile. "S'il y a un problème de roulement par exemple, on l'entend de suite". 

Équipées d'une boîte automatique, les voitures électriques procurent des accélérations et décélérations "sans à coup". Une souplesse de conduite qui donne l'impression d'avoir un jouet entre les mains – vérification faite après test. Un jouet avec lequel il ne faut pas trop s'amuser tout de même, l'accélérateur répond de suite. "C'est un vrai plaisir de conduite", s'exclame Sébastien Blanché.

Toutefois, ces véhicules ne représentent qu'1% des ventes du concessionnaire. Il existe donc des freins à l'achat à prendre en considération. A commencer par le prix. En moyenne, pour un équivalent de gamme, les voitures électriques sont plus chères. Par exemple, la Zoé est vendue 18 240€ (avec le bonus écologique) contre 16 000€ pour une Clio essence, sans compter la location de batterie. "En moyenne, il faut compter un budget de 169 euros par mois, ce qui revient moins cher que pour une voiture thermique".

100 à 150 km d'autonomie

Plus de vidange, plus besoin de se rendre à la station essence. En revanche, l'autonomie de la voiture est un autre point noir. "L'autonomie réelle d'une électrique est d'environ 100 à 150 km, en fonction de la conduite que l'on adopte", indique le concessionnaire. D'autres facteurs, comme la température, peuvent décharger la batterie plus rapidement, comme il l'explique : "Plus il fait froid, moins on a d'autonomie".

D'ici le mois de juin, l'autonomie de ces voitures pourrait monter à 170 km. Pas de quoi faire de longs trajets, mais ce n'est pas le but principal selon le directeur de Renault Saint-Jean-de-Luz : "C'est la seconde voiture du couple. Elle permet de faire de petits trajets comme aller au travail ou faire ses courses. Elle n'est pas destinée à faire de l'autoroute".

Quant au temps de charge de la batterie, il varie de 8 heures (avec un système de borne à domicile "Wallbox") à 14 heures (avec une prise de courant normale). "Il existe également des bornes de charge rapide où 80 % de la batterie est rechargée en 1 heure", rappelle Sébastien Blanché. Des bornes commes celles installées prochainement au Pays Basque.

Les marques haut de gamme passent à l'électrique

Si la voiture électrique semble plus économique à long terme (l'alimentation en électricité équivaut à 2€ le plein, l'entretien est réduit puisqu'il n'y a plus de vidange à faire), est-elle plus écologique ? "A l'usage oui", insiste le concessionnaire. "On a zéro émission de CO2", ajoute-t-il.

A l'usage, certes, mais à la fabrication et à la consommation, Victor Pachon, président du CADE (Collectif des associations de défense de l'environnement) en est moins sûr : "L'électricité dont les voitures ont besoin est principalement produite par des énergies fossiles : centrales à charbon et nucléaire. Si l'électricité était produite grâce aux éoliennes, oui elles pourraient être écologiques", avance-t-il.

Sans parler des batteries qui sont fabriquées grâce au lithium et dont l'extraction se fait dans des mines. "Pour que la voiture électrique soit écologique, il faudra encore attendre de nombreuses années", affirme-t-il.

Écolo ou pas, la voiture électrique semble encore avoir de beaux jours devant elle. De plus en plus de concessionnaires proposent ce genre de gamme : BMW, Nissan, Mitsubishi etc. Et même les marques haut de gamme comme Tesla s'y mettent.