Duda, quand le doute et l'art ne font qu'un

Le spectacle Duda de l'association Musikatruke met en musique, danse, et bertsu le doute ressenti dans l'apprentissage du basque. Celui-ci sera inauguré le samedi 11 mars à Saint-Jean-le-Vieux à la salle Lutxiborda.  

Xan Idiart|24/02/2017 16:09|0 comentarios
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Le spectacle Duda met en musique les doutes pendant l'apprentissage de l'euskara.

Il y a de ces spectacles qu'il faut absolument aller voir. Duda de l'association musikatruke est un de ceux-là. Sur fond de bertsu et de chants, musique traditionnelle et moderne se mélangent, tout en laissant une place expressive à la danse.

Duda signifie le doute en basque, "et le doute que l'on a en apprenant l'euskara", ajoute Patrik Larralde. En effet, un petit rappel grammatical s'impose. Celui ou celle qui apprend le basque découvre qu'en euskara "du" est le mode transitif, et "da" le mode intransitif. De plus, il se rend compte que "du" est l'auxiliaire "ukan" (avoir) et "da" "izan"(être).

Si cela paraît compliqué à quiconque lit la règle pour la première fois, qu'il ou qu'elle ne s’inquiète pas, le même sentiment de doute est celui qui assiège chaque aspirant à la langue basque. En effet, "durant l'apprentissage de la langue, on ne sait jamais s'il faut utiliser du ou da", d'où le nom du spectacle duda.

Spectacle philosophique

C'est le dubstep joué par Aitzol Lasa Letona qui caractérise ce doute dans la partie musicale. Le dubstep est un instrument assez rare au Pays Basque, car très jeune et originaire d'Angleterre. C'est un instrument de musique électronique qui se rapproche de la musique DJ. Celle-ci se mélange avec les sons tranchants du trikititxa de Patrik Larralde symbolisant le choix qui est fait d'apprendre le basque.

Car effectivement, apprendre le basque aujourd'hui en Iparralde est un choix personnel. Cette apprentissage est émaillé de doutes et de sentiments différents. Tout cela est retranscrit par les danses de Tony Le Guilly et les paroles de Bixente Irigarai.

Selon Aitzol Lasa Letona, Duda est un spectacle philosophique car il pose beaucoup de questions sur l'euskara et l'identité basque. Bixente Irigarai ajoute que même si personne n'a la réponse à la question, il est important de débattre de cela. "Sommes-nous parce que nous avons, ou avons-nous parce que nous sommes ?". En tout cas, pas de doute qu'il est essentiel d'aller voir ce spectacle.