Didier Agerre perd son statut de détenu particulièrement signalé

Le prisonnier de Pagolle fait partie des détenus basques à qui le statut de DPS a été retiré. D’autres, en revanche, sont toujours étiquetés ainsi.

MEDIABASK|14/11/2017 08:35|0 commment
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Après Aiete, une période de blocage du processus de paix s'en est suivie. Photo d'archive de la manifestation du 14 juin 2014 à Bayonne © Sylvain Sencristo

Une trentaine de prisonniers basques a le statut de Détenu particulièrement signalé (DPS) dans l’Etat français. Sa suppression fait partie des attentes des Artisans de la Paix. Mais sur cette question, les signaux semblent contradictoires : alors qu’une poignée de détenus a récemment quitté le registre des DPS, d’autres se sont vus confirmer leur inscription. Didier Agerre, détenu originaire de Pagolle, vient de perdre ce statut.

Jusqu’à présent, ce sort n’avait été réservé qu’à quelques prisonniers basques, "toujours en fin de peine", a expliqué son avocate Xantiana Cachenaut dans le quotidien Gara. Jugé en 2006 avec quatorze autres militants d’ETA, D. Agerre avait été condamné à une peine de 39 ans de prison avec 25 ans de peine de sûreté.

La révision généralisée du statut de DPS pour les détenus basques n’est tout de même pas à l’ordre du jour. "Certains, comme Didier Agerre, se sont vus communiquer la fin du statut. Mais à d’autre on le leur a renouvelé", a relevé Me Cachenaut. Un renouvellement réalisé lors de l’évaluation annuelle de la dangerosité du détenu.

L’attribution de ce statut répond à des critères établis par le ministère de la Justice mais son application peut varier. Selon les prisons, les conditions d’incarcération peuvent être plus ou moins dures, a précisé Me Cachenaut à Kazeta.eus. Dans le cas du centre pénitentiaire de Lannemezan, où se trouve D. Agerre, les DPS sont en permanence accompagnés dans leurs déplacements, qu’ils soient internes ou externes. Dans certains centres, ce statut rend les contrôles nocturnes systématiques.

Répercussions

Au-delà de l’arrêt de ces mesures, l’exclusion d’un prisonnier du registre des DPS pourrait avoir, d’après l’avocate, des répercussions plus importantes dans les remises de peine. Elle pourrait également faciliter les demandes de rapprochement ou de libération conditionnelle.

Didier Agerre est actuellement dans l’attente d’un procès qui aura lieu le 23 novembre à la Cour d’appel de Paris. Il réclame l’application de la remise de peine qui lui a été refusée jusqu’à présent du fait de son refus de donner son ADN. Me Cachenaut compte bien faire valoir son changement de statut devant les juges.

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