Grippe aviaire : répit pour les canards et les poules du Pays Basque

Ce matin, face à la mobilisation à l'appel d'ELB, les agents de la DDPP, accompagnés de gendarmes, n'ont pas pu procéder à l'abattage préventif des canards et des poules pondeuses des trois élevages de Domezain, Barcus et Gabat. Un répit ?

Virginie BHAT|14/04/2017 13:05|1 comment
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Lees services de la DDPP accompagnés de gendarmes ont été accueillis par une forte mobilisation sur l'élevage de Michel Berho à Domezain. ©Isabelle MIQUELESTORENA

La mobilisation autour des trois élevages sous le coup d’une mesure d’abattage de leurs volailles n’a pas failli ce matin. Dès 8 heures, les personnes étaient nombreuses devant les trois fermes afin de s’opposer à la venue des agents de la DDPP en charge de tuer canards ou poules pondeuses.

Sur place, il y avait "150 personnes dont vingt maires à Domezain" et "autour de 120 [personnes] à Gabat" remarque Pampi Sainte-Marie, secrétaire général d’ELB. Et la mobilisation a été aussi forte à Barcus.

Sur les trois élevages, les services de la DDPP, direction départementale de la protection des populations, sont entrés, accompagnés de gendarmes. Une fois fait le tour des lieux, ils n'ont pas procédé à l'abattage des animaux, devant l’opposition manifeste des personnes mobilisées autour de trois fermes à l’appel du syndicat.

Renoncer aujourd’hui ne veut pas dire demain ou un autre jour. Car la préfecture est restée campée sur ses positions toute la matinée. Pas question de créer une brèche pour que le virus de la grippe aviaire trouve canard ou poule pour se propager. "Même si les exploitations sont saines aujourd’hui, on ne peut pas présager l’avenir", explique-t-on à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

L'abattage en suspens

Et de rappeler que 320 communes ont été concernées par les mesures de prévention dans le département. Il serait délicat de rompre le dispositif. Si les services de la DDPP  n’ont pas pu procéder à l’abattage dans les trois fermes de Domezain, Barcus et Gabat, les gendarmes ont de leur côté pu le constater. Ces derniers ont transmis les faits au parquet pour Barcus déjà.

Les élus ont continué à multiplier leurs interventions auprès des autorités de l’Etat. Hier, Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la région Nouvelle Aquitaine en charge de l'agriculture, s'était mis en relation avec le cabinet de Stéphane Le Foll pour demander au nom de la Région que des dérogations à la mesure d'abattage préventif soient accordées pour les trois élevages.

Ce matin, le Conseil départemental est revenu vers le préfet tandis que le sénateur Georges Labazée allait intervenir auprès du ministre de l’Agriculture. 

En cette fin de matinée, en tous les cas, les canards et les poules pondeuses saines ont eu un répit. Provisoire ?

Reste que la DDPP n'a pas apprécié l'opposition qu'elle a rencontrée et "a clairement menacé de poursuites administratives et pénales les trois éleveurs" dénonce en cette fin d'après-midi ELB. Et d'appeler les citoyens et les élus à maintenir leur mobilisation afin de "dissuader  l'administration de ces représailles qui n'ont pas lieu d'être."

Le syndicat reste déterminé : "la défense collective se poursuivra devant les juridictions saisies si l'administration poursuit dans son aveugle obstination".

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