LE CD 64 remodèle son action sociale

Un dossier unique de l'usager, un guichet unique…Le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques réorganise de fond en comble l’organisation de son action sociale, dotée d'un budget de 381 millions d'euros.

Virginie Bhat|20/03/2017 15:30|0 commment
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Le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques consacre 381 millions d'euros à l'action sociale. ©Isabelle MIQUELESTORENA

C'est un vaste chantier auquel s'est attelé le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ces derniers mois : il a entrepris de bouleverser l'organisation de son action sociale pour la rendre plus proche des usagers et plus réactive.

Sa compétence action sociale confirmée par la loi NOTre, le Département a passé à la loupe la façon dont il travaillait dans ce domaine. Le diagnostic est tombé : elle est obsolète au regard de l’évolution de la société. S’appuyant sur ses ressources internes, il a donc entrepris de dépoussiérer et retravailler son organisation.

Avec en tête, une meilleure lisibilité des services, plus de réactivité et "la culture de la proximité de l’usager et pour corollaire la territorialisation de l’action sociale", a expliqué Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental. Pour coller à cette culture, le CD 64 a fait appel à des usagers et aux agents territoriaux impliqués dans les solidarités humaines pour tout reconstruire.

C’est ainsi que les points d’accueil du public propres au Conseil seront regroupés en sept services départementaux des solidarités. Dont trois dans le Pays Basque. Le premier, celui de l'"Intérieur du Pays Basque" sera installé à Saint-Palais avec une antenne à Hasparren et Mauléon. Le second, "Nive-Nivelle", le sera à Ustaritz avec une antenne à Cambo-les-Bains, Hendaye et Saint-Jean-de-Luz. Et enfin, celui du BAB, sera à Bayonne avec une antenne à Anglet et Biarritz.

Equipe pluridisciplinaire

Par ailleurs, Le Conseil départemental ne change en rien les permanences sociales dans les mairies et maintient son maillage dans tout le territoire avec 95 points d’accueils.

Si aucune maison des solidarités, ou leurs antennes, ne ferment, elles accueilleront toute une équipe désormais pluridisciplinaire. Même modèle pour chacune : secrétaires, assistant de service social, conseillers en économie sociale et familiale, infirmiers, animateurs locaux insertion professionnel, éducateurs spécialisés, psychologues, médecins de PMI, puériculteurs et sages-femmes.

L’usager trouvera donc tous les services sur place. L’accueil sera réalisé par un agent unique, formé, qui le dirigera vers la personne compétente. A la clef, la création d’un seul dossier informatisé et un référent de parcours, s’il est nécessaire de l’accompagner : l’animateur local initiative emploi pour une personne en recherche d’insertion professionnelle dans le cadre du RSA, un puériculteur pour un soutien à la parentalité, un assistant de service social pour une question plus globale…

Ce redéploiement des compétences n’est pas sans conséquences sur les agents sociaux médicaux. Pour l’assurer, le Département a prévu 150 ouvertures de postes à la mobilité professionnelle ou géographique. Pour son action sociale, il emploie plus de mille personnes, dont environ 400 assistants familiaux. La réorganisation de son organigramme n’induira pas de fermeture de poste ni de recrutement extérieur.

A l'automne

Si en 2015/2016, le département avait décidé de reprendre à son compte les missions qu’il déléguait jusque-là aux LRA (Lieux de rencontres et d’accompagnement) et les avait ainsi redistribuées aux maisons des solidarités, il n’envisage pas une telle rupture pour la prévention spécialisée. Il veut remettre tout à plat sur cette question et un nouveau plan de prévention spécialisée devrait être prêt à l’été.

A la clef, un nouveau modèle dans ses relations avec les quatre associations qui l’assument en délégation dans les Pyrénées-Altantiques. Des appels d’offres seront organisés pour y répondre. Et s’il a coupé de 40% le financement de l’association LABO-APSP pour son service de prévention spécialisée, il est prêt à s’asseoir avec le Conseil régional, la Ville de Bayonne et la fédération Léo Lagrange pour l’aider à trouver une sortie à sa crise interne afin de poursuivre le travail engagé.

Cette année, le Département dégage une enveloppe de 381 millions d’euros pour déployer sa politique d’action sociale. Son budget global est de 712 millions d’euros. Une enveloppe sociale en hausse de 4% pour coller à la hausse des bénéficiaires du RSA ou de l’APA, l'allocation personnalisée d'autonomie.

C'est à l'automne que cette réorganisaiton de l'action sociale devrait être effective pour les usagers.

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