La Haute Soule pourrait perdre une de ses écoles en septembre

Selon la carte scolaire adoptée lundi, à Pau, une des deux écoles du regroupement pédagogique de Licq-Athérey/ Laguinge-Restoue pourrait fermer si moins de 20 élèves se présentent à la rentrée. Le maire de Licq-Athérey s'indigne. L'inspecteur académique se donne encore le temps de la réfexion.

Caroline MALCZUK|17/02/2017 08:00|0 commment
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Le maire de Licq-Athérey, Jean-Marc Peillen, ne veut pas laisser une des écoles du RPI fermer. ©Wikimedia Commons

Le Conseil départemental de l’éducation nationale, qui s’est tenu lundi, à Pau, a un peu plus scellé le sort du regroupement intercommunal pédagogique de Licq-Athérey/ Laguinge-Restoue. Celui-ci est divisé en deux écoles : les maternelles et CP sont à Licq, les CEI/CE2 et CM1/CM2 sont à Laguinge-Restoue. Les vingt-trois écoliers actuels viennent, en plus de ces deux communes, d’Etchebar et Haux. Mais à la rentrée prochaine, si l’effectif est égal ou en deçà des vingt élèves, une des deux écoles du RPI devra fermer.

Un des deux postes d’instituteur est en "fermeture révisable", selon la carte scolaire 2017 adoptée lundi, à Pau. Cela se traduirait par une classe unique à huit niveaux. Le maire de Licq-Athérey, Jean-Marc Peillen, est contre et s’indigne : "Il n’y a que les chiffres qui comptent." L’élu ne comprend pas cette fermeture révisable alors que "nous sommes organisés en RPI depuis 30 ans". Ce qui va dans le sens de l’inspecteur académique, qui encourage ces regroupements.

Opération école morte

"On ne va pas se laisser faire. C’est la vie des villages qui en dépend", avertit Jean-Marc Peillen. De mercredi à vendredi de la semaine dernière, une opération "école morte" a été menée. Les parents d'élèves n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école. Les institutrices étaient en grève lundi. Les cours n’ont donc repris que mardi. Une réunion est prévue ce vendredi pour donner une suite au mouvement.

Cette décision n’est cependant pas définitive. Pierre Barrière, sensible notamment aux arguments de la SNUipp qui a formulé une objection, a dit qu’il allait y "réfléchir". Le prochain CDEN est prévu en juin. Mais elle pourrait avoir une influence. "Avec une fermeture révisable, les parents risquent de mettre leurs enfants ailleurs. Ce genre de mesures sur une école fragile, cela peut accélérer la fuite des parents", interpelle Cécile Senderain, représentante du Pays Basque pour le syndicat.

Car lorsqu’une classe ou une école est en fermeture révisable, cela veut dire qu’elle est dans un premier temps officiellement annoncée comme fermée. Elle ne rouvrira que si l’effectif donné par l’Académie est atteint à la rentrée. Concernant les institutrices du RPI de Licq-Athérey/ Laguinge-Restoue, une des deux est donc bel et bien sur la sellette et va devoir partir. Si la classe est rouverte, elle aura le choix de revenir. Mais cela ne sera établi qu’au dernier moment.

"Ce n'est pas une fin de non-recevoir"

Cécile Senderain interprète l’intention de l’inspecteur académique : "Il veut donner un signal fort pour inciter les communes à faire ce RPI." Pour elle, le regroupement pédagogique intercommunal "peut être une occasion de maintenir les postes". Tout en s’avouant préoccupée par le sort de celui de Haute-Soule. Mais elle garde espoir : "Ce n’est pas une fin de non-recevoir."

L’inspecteur académique, Pierre Barrière, encourage les communes de Sainte-Engrâce et de Larrau à envoyer leurs écoliers au RPI de Licq-Athérey/ Laguinge Restoue pour le maintenir. Il en est hors de question pour la deuxième. Le maire de Licq-Athérey le comprend. "Aujourd’hui, ils ont les effectifs [à Larrau]. L’éloignement, il faut le prendre en compte. Le problème ne se pose pas là."

Il ne reste plus pour les élus des communes du RPI qu’à donner des garanties sur le maintien de l’effectif à la rentrée 2017. Ou de convaincre Sainte-Engrâce de faire don de ses écoliers.